21 mai 2026
25 juin 2026
Par Barry Landy
Comme je l’ai écrit dans mon premier article, les conflits font partie intégrante de la vie. La médiation constitue un excellent moyen de les résoudre.
L’un des principaux avantages de la médiation est qu’elle permet souvent aux parties en conflit d’atteindre une solution plus satisfaisante que celle qu’un tribunal pourrait leur offrir. En effet, les parties conservent la maîtrise du processus puisque celui-ci repose sur leur participation volontaire. De plus, une solution équitable peut généralement être obtenue dans un délai beaucoup plus court que celui qu’impose le système judiciaire.
La médiation offre également la possibilité d’élaborer des solutions créatives tenant compte non seulement de la manière dont les parties ont formulé leur différend, mais aussi d’autres enjeux qui demeurent souvent latents et qui alimentent le conflit en arrière-plan. Le processus est par ailleurs confidentiel, ce qui permet aux parties de régler leurs différends à l’abri du regard du public, contrairement aux procédures judiciaires où les débats se déroulent généralement en audience publique. Enfin, la médiation étant un processus volontaire, les parties qui ne parviennent pas à régler leur différend conservent l’intégralité de leurs droits et recours et peuvent, en tout temps, revenir devant les tribunaux.
L’aspect plus difficile de la médiation est qu’il s’agit d’un processus exigeant, tant sur le plan humain qu’émotionnel. Le rôle du médiateur est particulièrement complexe puisqu’il ne lui appartient pas de résoudre le différend à la place des parties. Cette fonction relève plutôt de l’arbitre, qui entend les parties et rend une décision exécutoire, à l’instar d’un juge.
En médiation, l’approche est fondamentalement différente. Les conflits comportent souvent une dimension émotionnelle importante. Le médiateur doit aider les parties à identifier les véritables enjeux qui les opposent. S’agit-il d’un problème relationnel? D’une question de principe? D’un différend factuel, où l’une des parties ignore certains éléments qui, s’ils étaient connus, permettraient peut-être de résoudre le conflit? Existe-t-il des contraintes juridiques ou pratiques qui influencent la situation?
Cerner ces enjeux de manière constructive et amener les parties vers une solution mutuellement acceptable n’est pas une tâche facile.
Je présente parfois cet aspect comme le « moins bon » côté de la médiation en raison de son caractère non contraignant. Toutefois, lorsqu’on y réfléchit, il ne s’agit pas réellement d’un défaut. La réalité est que le médiateur doit mobiliser l’ensemble de ses compétences pour gérer les émotions en présence et, surtout, aider chacune des parties à identifier les intérêts véritables qui doivent être conciliés. Son rôle consiste à accompagner les parties vers une solution qu’elles souhaitent elles-mêmes adopter.
Il ne s’agit pas d’un exercice simple. Une telle démarche exige une approche structurée, à la fois stratégique et psychologique, qui permet aux participants de dépasser leurs réactions émotionnelles initiales et parfois même une vision strictement juridique du différend, afin d’adopter une perspective plus rationnelle et orientée vers la résolution du problème. Cela requiert du temps, des compétences et un engagement soutenu de la part du médiateur, des parties et de leurs conseillers juridiques. Cette dynamique est très différente de l’approche judiciaire traditionnelle, où la fonction principale consiste à trancher un litige.
L’aspect potentiellement problématique de la médiation ne réside pas dans le processus lui-même, mais dans une autre réalité de la vie. Comme tout autre mécanisme de résolution des différends — y compris le processus judiciaire — la médiation peut parfois être détournée de sa finalité ou faire l’objet d’abus.
Par exemple, certaines parties peuvent aborder la médiation avec l’idée que leur rôle consiste à convaincre le médiateur du bien-fondé de leur position, à exercer une pression sur la partie adverse ou encore à transformer le médiateur en quasi-juge chargé de faire triompher leur cause. La médiation risque alors de devenir un simple prolongement du litige, un exercice de divulgation stratégique ou encore un forum permettant à une partie d’exercer une pression psychologique ou émotionnelle sur l’autre.
Dans de telles circonstances, le rôle du médiateur n’est pas de juger le fond du différend, mais plutôt de veiller à ce que le processus conserve son intégrité et ne dégénère pas en un exercice contre-productif susceptible d’aggraver le conflit plutôt que de le résoudre.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’elle est menée adéquatement, la médiation peut produire d’excellents résultats. Il existe des méthodes éprouvées et des techniques efficaces permettant d’aider les parties à parvenir à une résolution satisfaisante de leur différend.
À titre de médiateur accrédité en matière civile, commerciale et du travail, je serais heureux de mettre mon expertise à votre service si l’occasion devait se présenter.