20 janvier 2026
Idées Droit de la famille La gestation pour autrui au Canada (GPA) : le poids invisible du travail non rémunéré d’une mère porteuse
26 janvier 2026
Par Carolyn Booth
Chaque année, partout au Canada, des milliers de parents d’intention attendent, parfois pendant des années, en espérant être jumelés avec une personne prête à porter l’enfant dont ils rêvent. Les femmes à travers le pays, où la GPA n’est pas rémunérée, évaluent si elles sont disposées à devenir mères porteuses1, consacrant leur corps, leur temps et leur énergie émotionnelle pour aider une autre famille à grandir.
En vertu de la Loi fédérale sur la procréation assistée (2004), le législateur canadien a opté pour un modèle de GPA non rémunéré, souvent désigné comme « altruiste ». Cela signifie qu’une mère porteuse ne peut pas être payée pour son travail; elle peut seulement être remboursée de ses dépenses liées à la grossesse. L’intention derrière la loi était peut‑être de protéger les mères porteuses contre l’exploitation et d’éviter la marchandisation de l’enfant. Cependant, une question essentielle demeure : qui devrait décider si le travail d’une mère porteuse mérite d’être rémunéré? La mère porteuse elle-même ne devrait‑elle pas avoir ce choix?
Si la GPA rémunérée était permise au Canada, les mères porteuses pourraient toujours choisir d’agir avec ou sans rémunération.
Parce que la GPA demeure non rémunérée, bien moins de personnes sont prêtes ou capables d’assumer l’importante charge physique et émotionnelle de porter un enfant pour quelqu’un d’autre. Chaque année, on estime que 400 à 500 bébés naissent par GPA au Canada. À titre comparatif, aux États‑Unis, où la GPA rémunérée est légale, environ 5 000 enfants naissent ainsi chaque année2.
La rareté des mères porteuses est un argument en faveur de la réévaluation du modèle canadien, mais surtout, elle souligne l’importance de reconnaître la valeur du travail accompli par les mères porteuses.
À votre avis, la GPA devrait‑elle être rémunérée au Canada?
[1] Notez que suivant le langage du Code civil du Québec, le terme « mère porteuse » n’est pas utilisé, mais le terme « la femme ou la personne qui a accepté de donner naissance à l’enfant » est utilisé. L’utilisation du terme mère porteuse dans cet article est uniquement pour faciliter la lecture.